Tapis et Textiles des Tribus du Maroc / Objets de l’Afrique rurale

La Galerie Thanakra a été créée en mai 1995 par Henri Crouzet avec l'objectif initial de faire découvrir au public français la diversité et l'originalité des tissages tribaux marocains, et plus particulièrement leurs tapis et textiles .

Henri Crouzet a choisi individuellement chacun des tapis marocains présentés , sur la base de ses qualités esthétiques, combinaison de dessins, de matières, de couleurs, de techniques. Cela lors de ses nombreux et fréquents voyages au Maroc, qui ont également été l'occasion de progressivement découvrir les habitats et traditions textiles des tribus locales. Tapis primitifs, témoins de vies, ancêtres des tapis citadins, ces tapis tribaux apportent toujours une note authentique et originale aux lieux qui les reçoivent.

 

Regain d'intérêt pour les tapis tribaux du Maroc

"Découverts" et pour la première fois catalogués dans les années 1910/1920 par le Service des Arts Indigènes de l'administration du Protectorat français, sous la houlette de Prosper Ricard qu'avait nommé le maréchal Lyautey, les tapis ruraux marocains ont à nouveau suscité de l'intérêt à partir du début des années 1970, de la part de collectionneurs et musées américains avec notamment le Washington Textile Museum et son exposition de 1978.  

 

Vinrent ensuite le tour d'autrichiens, suisses et français qui donnèrent lieu à la publication de deux ouvrages au début des années 1990. Le premier évènement d'envergure se produisit en 1995 avec un congrès de l'ICOC (International Conference on Oriental Carpets) à Marrakech, consacré entièrement aux tissages de l'Afrique du Nord. Depuis lors un second congrès de l'ICOC a eu lieu en 2001 à nouveau à Marrakech, et plusieurs expositions et ouvrages ont été produits en France, USA, Belgique, Hollande,Suisse et Allemagne, traitant tant des tapis que des textiles ruraux et citadins du Maroc.

Une exposition est actuellement en cours au musée Bargoin de Clermont-Ferrand qui montre quelques tapis, et le musée du Quai Branly, à Paris, expose de façon permanente quelques-uns de ses plus beau exemplaires.


L'origine des tapis des tribus du Maroc

Les tapis tribaux marocains sont pour la grande majorité d'origine berbère, seuls ceux provenant de la région de Marrakech et de la plaine du Tadla ayant une ascendance plutôt arabe du fait de l'histoire des tribus locales. A la différence des tapis d'artisanat produits pour répondre à la demande d'un marché local ou touristique, les tapis tribaux sont des pièces domestiques, tissés pour un usage familial, aux proportions et dimensions de leur lieu initial de destination. Ils sont tissés avec les matières disponibles (traditionnellement entièrement en laine, mais plus récemment pouvant intégrer des chaînes de coton, et pour les moins aisés de la lirette), dans les couleurs traditionnelles de la région et/ou de la tribu, usant d'une palette de motifs particulière à chaque groupe tribal. L'architecture est pour l'essentiel à simple symétrie (verticale), constituée de registres successifs de motifs répétés en ligne. Aucune bordure ne ferme ces tapis que l'on qualifie ainsi à "champ ouvert", témoins qu'ils sont des anciens modes de vie semi-nomades ou transhumants de leurs concepteurs.


Seuls les tapis les plus récents ou ceux des Aït Ouaouzguit du Jbel Siroua affichent une architecture proche de celle des tapis d'orient, soit sous l'influence des tapis d'orient valorisés par les villes, soit sous celle des tapis de Rabat, eux-mêmes d'ascendance stylistique orientale.

Imaginés et réalisés par la tisseuse elle-même dans sa tradition locale , les tapis tribaux sont des pièces uniques produites à la main de A à Z: tonte, lavage, cardage, filage, teinture et tissage de la laine ne font appel à aucune machine.

L'objectif étant de participer au confort de l'habitation familiale, à aucun moment des considérations de marché n'entrent en ligne de compte dans la conception du tapis.

Par opposition, les tapis d'artisanat sont dessinés et définis en fonction de la demande de marchands, et pour la plupart tissés avec des laines filées machine et teintes industriellement, ne laissant ainsi (et bien que tissés main) aucune place à la spontanéité et à l'imagination des femmes qui les tissent et ne pouvant refléter les inévitables irrégularités de processus manuels.

 

Fruits de la vie quotidienne des femmes de la campagne, composés au fur et à mesure de leur réalisation, construits de laines aux couleurs et torsions plus ou moins régulières, chargés de motifs à la symbolique toujours positive destinée à protéger ou favoriser, les tapis de tribus peuvent être porteur de ce charme si particulier né de la joie de la vie ou de sa recherche.

Pour plus d’informations, vous pouvez nous contacterpar téléphone au 01 40 62 98 88ou par mail à contact@thanakra.fr.